Activités de recherche

Constitué à partir d’une réflexion collective sur l’enseignement du projet dans les écoles, le réseau ERPS s’est également développé par la structuration progressive de questionnements liés à la recherche en vue notamment de saisir les enjeux contemporains du monde rural et d’y associer de nouvel pratique de projet. L’option choisie a été d’orienter notre démarche vers que nous avons appelé la recherche « en situation de projet ». Ses fondements et modalités rejoignent ceux de la méthode de la « recherche-projet (project-grounded research) », ou du « projet comme producteur de connaissance », selon la formule de Paola Vigano.

L’intégration de nouvelles disciplines du projet spatial dans des démarches de projets territoriaux ou de médiations paysagères interroge fortement les modalités académiques de la recherche. Le mouvement ne s’effectue plus dans le sens top-down, qu’il s’agisse des décideurs vers les citoyens, mais aussi des chercheurs vers les décideurs dans le cadre d’un processus de négociation entre citoyens et décideurs. 

Comme énoncé lors des troisième rencontres du réseau et publiés dans les actes (Espace rural et projet spatial vol 3. Du terrain à la recherche : objets et stratégies, PUSE, 2012 ), la démarche de « recherche en situation de projet » se distingue par au moins deux points essentiels :

Des enjeux anthropologiques

Derrière tout projet architectural et/ou territorial se cache une question anthropologique fondamentale plus générale qu’il s’agit de formuler et de situer parmi les cadres conceptuels et théoriques développés le cas échéant ailleurs, dans les champs disciplinaires qui sont les « partenaires naturels » de l’architecture et du paysage : géographie, politologie, philosophie, sociologie, psychologie environnementale, écologie, esthétique environnementale, etc. ;

Une recherche située

Les chercheurs s’emparent de cette question pour l’aborder par l’architecture et le paysage, autrement dit avec les outils conceptuels et le langage propres à ces disciplines, et produire sur l’objet examiné des connaissances originales qui viendront enrichir celles déjà produites par les sciences sociales et humaines.


Cette stratégie vise à s’affranchir de l’idée que seules les démarches de recherche fondées sur le général sont valides et qu’il n’est pas admis de raisonner sur un cas particulier. Selon nous, dans les disciplines du projet, comme dans toutes les disciplines professionnelles, le critère déterminant ne saurait être le même que dans les disciplines scientifiques habituelles. Ce n’est pas l’universalité des connaissances produites par la recherche qui est visée, mais leur fécondité pour l’action. Et donc, leur « transférabilité » à d’autres situations de projet tenues pour analogues conduisant à une sorte de « généralisabilité restreinte et éclairée ».

 

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